C'est un indigeste mélange d'émotions qui se torpillent les unes les autres. Comme si j'étais une indécelable petite bombe à retardement. Tout va trop vite et trop fort pour que je l'exprime, tout me surprend, tout me submerge. Il y a l'autre qui s'est installée sans que je ne la vois arriver et qui m'a, même s'il y a beaucoup de bien la dedans, dévastée pour une soirée ou un matin très court de lendemain de beuverie. C'est ton nouveau prétexte et mon définitif abandon dans cette farandole de phrases assassines. Il y a aussi cette nuit accompagnée comme jamais on ne l'aurait cru, car dépassé, car refoulé, espoir bafoué, pot d' amour depuis si longtemps vidé. Je ne nous voyais pas comme ça, et même si c'est loin déjà tout ça, c'était étrange d'être à dix centimètre de ton étreinte sans pouvoir la consommer. Et puis croiser cet autre, dans sa voiture rutilante les Rayban sur le nez, avec un boomerang de mots échangés et de regards trop directs, qui m'aura valu de connaître les sécrétions intérieures et dévastatrices. Que faisais-tu là ? C'est aussi la déception incontrôlable et sans aucune limite d'avoir pour la première fois, échoué. Echoué pour de bon, pas en sentiments, pas en calories, échoué en amour propre, en profondeur comme en surface, échoué dans tout ce qu'il y avait de cassable. Et d'habitude, je suis une fille qui n'échoue pas. Alors pardonnez-moi, je ne sais pas vous le dire. Je ne saurais pas comment faire, alors je ne dors pas, je papillonne d'une soirée à l'autre, de bière à champagne et en manque de tabac, là où personne ne demande de rendre des comptes. Et quand pas malheur, le lendemain, on me soutire des informations, je me love aux creux de mes draps avec un album de rock en chorale et je laisse filer. Je laisse les gens s'interroger, même croire un peu s'il en éprouvent le besoin,puis je m'extrais du cadre. J'en sors pour fuir toutes ces choses qui m'oppressent pour le moment. C'est provisoire, pas dérisoire, c'est aléatoire. J'ai le moral en montagnes russes. C'est trop d'un coup, et même si je suis résistante, même si d'accoutumée j'exprime comme je respire, je suis trop petite à côté de tout se qui se trame les chronomètres aux trousses. Et je ne veux pas, tant que la situation est telle, changer ne serait-ce qu'une once de mon comportement à l'égard de ces coups de tonnerre qui me foudroient.